January 9, 2019

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Article : Prendre de la distance pour mieux appréhender les réalités...

Dans ces temps de violence et d’agressivité ad hominem auxquels on assiste, il me paraît nécessaire et urgent, pour traverser ces tensions plutôt que de s’y résoudre, de savoir remettre de la distance pour mieux appréhender les désaccords.

 

Prendre du recul, de la hauteur ou faire un pas de côté, c’est toujours prendre de la distance.
Et ce n’est pas pour oublier ou s’isoler mais pour mieux cerner ce qui pose question.

La prise de distance a pour objet de discerner ce qui est autre, étranger, de repérer d’autres perceptions, d’autres ressentis qu’il faut comprendre pour pouvoir en débattre et élaborer des solutions acceptables et pertinentes.

 

Nous travaillons depuis trente ans sur ces questions, avec une approche issue du théâtre-forum qui permet  de décrypter nos représentations de situations dans lesquelles nous sommes pris et parfois prisonniers…

 

Ce travail est fondé sur la prise de distance à laquelle le théâtre nous invite :

 

Le théâtre-forum, lieu de 4 distances pour prendre du recul et s’accorder.

La distance entre la salle et la scène

Cette première perception physique de la distance est essentielle dans la mesure où elle indique que la distance est une séparation qui relie au contraire d’isoler ou d’opposer. C’est elle qui permet, non seulement d’ assister mais aussi d’être touché par ce qui se passe sur scène d’être pris à partie au point d’y prendre part.

C’est la condition initiale de l’organisation d’un dialogue : séparer…pour relier…afin d’élaborer ensemble, autrement dit « pratiquer le discernement ». Et  cela commence par distinguer des lieux différents d’où les points de vue ne sont pas les mêmes : la scène – la salle, le haut – le bas d’une organisation, le global – le local …. pour en prendre effectivement conscience, sans chercher une vérité universelle et définitive.

 

La distance entre la « vérité » subjective et la « vérité » objective :

Aucune représentation sur scène de la réalité ne peut prétendre épuiser la multitude des facteurs présents dans cette réalité. Ce qui est représenté est le vécu par l’un des protagonistes de la situation. Cette expérience permet à chacun de réaliser que l’important, dans le questionnement sur ses propres pratiques, n’est pas de tenter de savoir en vain qui a tort ou raison, mais de pouvoir exposer les raisons qui ont fondé (quelquefois inconsciemment) ses pratiques et de comprendre celles des autres.

Dans le dialogue, plutôt que de s’arrêter à revendiquer une vérité objective définitive, il s’agit d’objectiver sa subjectivité autrement dit de chercher sa sincérité subjective.

           

 

La distance entre l’acteur et le rôle qu’il interprète :

La multiplicité des interprétations possible d’un même rôle permet de réaliser cette distance vitale pour chacun entre l’acteur et le rôle qui lui est assigné. C’est ainsi qu’il va découvrir qu’interpréter ne signifie pas « se prendre pour », mais « donner vie à » (animer) un rôle, en puisant dans sa propre vie. C’est la garantie pour chacun de pouvoir préserver son autonomie et ainsi sa singularité.

 

La distance entre l’intention et l’action :

C’est l’expérience faite par le spectateur se levant de sa chaise pour tenter une alternative sur scène dans le déroulement de la situation* : une expérience de la distance, parfois grande, qui peut exister entre l’intention qu’il avait depuis son siège et sa mise en action d’une part auxquels s’ajoutent aussi les effets produits et ressentis par lui et les autres personnages.

 C’est la prise de conscience de la différence entre « passage à l’action » et « passage à l’acte », indispensable pour des acteurs soumis à des pressions fortes. La tentation voire le devoir du consensus univoque confine souvent à « l’unanimité des cimetières », nourrit et explique en partie la montée de la violence qui fait confondre débat et combat !

 

 

La prise de distance est un mouvement plus qu’un état.

C’est une décision de bouger, d’entrer sur scène ; c’est aussi une curiosité à l’égard des autres points de vue.  C’est un mouvement en soi-même qui ne peut s’accomplir qu’avec et grâce à l’autre. C’est aussi un risque, le risque de l’autre, pour lequel il ne faut pas oublier que changer de point de vue ne veut pas nécessairement dire changer d’opinion, que comprendre ne veut pas dire approuver. Le dialogue est toujours un risque à prendre… le risque de changer d’avis. Or la girouette a mauvaise presse. Pourtant ne dit-on pas que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis ? Alors ce risque, il faut d’abord s’y préparer, puis l’éprouver pour décrypter en quoi il nous fait progresser et profiter d’une diversité fructueuse.

 

 

* Le Théâtre-forum a pour objet de permettre à des participants de montrer à un public concerné, les situations critiques auxquelles ils se trouvent exposés. La représentation qui est mise en scène initialement, va ensuite être reprise par le public, constitué par le grand groupe réparti en sous-groupes, pour tenter de faire évoluer la problématique exposée en remplaçant un personnage de la scène. Ce travail qui se répète autant de fois qu’il y a de suggestions dans le public, va progressivement mettre en lumière les représentations qui sous-tendent les pratiques de management des différents acteurs. Ce sont ces représentations que nous allons ensemble questionner et élargir.

 

 

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