Le management ne se résume pas aux pratiques et « postures » des managers

Concept LAM N°4
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Le changement pensé comme un rééquilibrage

Pourquoi ?

   Changer c’est toucher au cadre de travail de l’acteur, cadre institutionnel et / ou cadre opérationnel.

Ce(s) cadre(s) est ce qui contient l’acteur (individu ou groupe) dans les deux sens du terme : il désigne l’espace de jeu où vont pouvoir s’exprimer ses talents singuliers ; il borde, délimite, pour contenir les débordements et permettre ainsi les coopérations entre acteurs.

Ce cadre est le produit d’une interaction entre ce qui est prescrit par la mise en scène et le sens que lui confère consciemment ou non l’acteur ;  en ce sens le cadre est autant extérieur qu’intérieur à l’acteur.

Ce cadre tient ainsi trois dimensions vitales pour l’acteur : son sentiment d’appartenance à une « institution », son sentiment d’appartenance à un groupe, son identité professionnelle indépendante de ses appartenances

et qui peut ainsi rendre celles-ci délibérées.

Lorsque l’on touche à ce cadre, il est probable que l’on déséquilibre, que l’on défasse des étayages invisibles qui re fabriquaient sans cesse du sens (appartenances et identité) pour l’acteur en mouvement ;

Un effondrement est alors craint et à craindre : il va se manifester psychiquement, physiologiquement, physiquement, prendre la forme d’une résistance ou d’un affaissement, sera toujours difficile à interpréter tant le cadre qui est touché est à la fois extérieur et intérieur au sujet.

Dernière caractéristique à ce stade de ce cadre, il est invisible, muet et par conséquent on ne sait qu’il est touché qu’après coup et encore sans savoir en quoi il est touché. Invisible et muet parce qu’il ne s’agit ni d’un organigramme ni d’une fiche de poste par exemple mais du sens que leur donne l’acteur, sens qui lui permet d’intérioriser, d’habiter son rôle avec son corps et son histoire, ce qui en retour permettra de parler d’une identité, d’un style d’une personne morale, bien qu’elle n’ait été habitée que par des personnalités singulières et éphémères.

Notre expérience en « intervention de changement » nous a conduit à formaliser nos points d’appui pour agir le plus en conscience possible. Ces points d’appui sont constitués de :

- Un cadre de pensée du « système entreprise » : c’est la prise en compte du registre Institutionnel et du registre Opérationnel, et la distinction entre Fonction Hiérarchique, Fonction Réalisatrice, et Fonction Animale

- Un processus d’élaboration qui fait circuler le changement entre un processus de transition et un processus de transformation.

C’est ce deuxième point d’appui que nous allons maintenant décrire.

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Pour quoi ?

Le processus de transition a pour objet de rendre supportable le dés étayage comme condition d’un ré étayage. Il consiste à remettre au travail en conscience ce qui fait sens et qui est atteint, ce qui est défait et devra être « remplacé » pour reconstruire du sens intérieur (ce qui fait sens et contenance pour l’acteur) et extérieur (à quoi l’on joue et qu’est-ce- que l’on joue). Ce travail touche à l’identité, aux ressources, aux bénéfices escomptés, au désir ;

Autrement dit et de façon triviale, le processus de transition gère le travail de déconstruction puis d’assainissement pour de futures fondations. En ce sens il s’agit d’un véritable travail de deuil visant à inscrire le passé dans une mémoire vivante pour accoucher d’un futur autonome donc relié à une histoire.

 

L’écoute est l’instrument majeur de l’accompagnement de ce travail dans sa capacité à reconnaître l’altérité, à objectiver les subjectivités pour que l’Institution puisse s’en saisir et que le registre opérationnel puisse organiser la reconstruction.

Le processus de transformation est celui de la reconstruction ; c’est celui que l’on saisit souvent quand on parle de « conduite du changement » ; il bénéficie de tous les apports stabilisés et fiables de la conduite de projet ;

le facteur clé de succès est, pour nous, son articulation permanente avec le processus de transition car comment réussir une reconstruction sans savoir ce qui a été effectivement déconstruit, et l’état de ce qui « reste ».

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